Il débarquait d’un train ou d’un bus vêtu de son long manteau bleu marine... et à grands pas il arrivait à la cave. Il était en principe pressé, mais il savait «perdre» son temps. Il humait, dégustait, commentait et... prescrivait un collage! Puis il s’en allait dans une autre cave chez un autre vigneron. Jean Crettenand était l’homme des rencontres...
Avait-il découvert un cru merveilleux lors d’un congrès en France, en Hongrie ou... au Tessin, il en glissait une bouteille dans sa grande serviette noire et la ressortait au coin d’une table avec une saucisse ou du fromage qu’il décrétait illico les meilleurs de Suisse si ce n’est du monde et c’était parti! L’enthousiasme pour les choses de la terre, la passion c’était Jean Crettenand!
Pour lui la vigne et le vin étaient sacrés et tous actes technique, politique ou administratif les concernant n’étaient que des sacrilèges potentiels qu’il fallait impérativement précéder et transformer en bénédiction avant qu’il ne soit trop tard! C’est pourquoi Jean se présentait chez les politiques comme chez les vignerons, comme chez lui sans autre rendez-vous que la nécessité du service immédiat et impératif à rendre au vin et au pays! Curieux, amical, généreux, Jean passait partout où la vigne et le vin étaient honorés et chacun était honoré de son passage, en Suisse et dans le monde entier. Œnologue fédéral, expert international, mais avant tout, pour nous, enseignant convaincu de Changins, conseiller dévoué, ami attentionné, Jean Crettenand est passé dans les vignes du Seigneur au temps des vendanges. Puisse-t-il désormais y déguster le vin nouveau, celui qui a le goût d’Eternité et que l’on met dans des outres neuves, car en barrique, il n’aimerait pas trop...
Merci, santé et au revoir Jean!
Les vignerons-encaveurs de Leytron
A Jean Crettenand, notre maître